Le lexique Riskelia du risque systémique

Risque systémique :

C’est le risque d’implosion d’un système par suite d’effets de contagion entre ses parties. Ce risque est accru par la densité du réseau d’interdépendance entre les maillons d’un système. Dans le cas des systèmes financiers, les facteurs à l’origine du risque systémique sont l’endettement (et plus généralement le levier), les interdépendances entre acteurs (créances, gaps de liquidité court terme, produits dérivés OTC…), la corrélation et la concentration des positions, la vente en grand nombre de produits structurés impliquant des couvertures dynamiques avec effet de rétroaction positive (la couverture amplifie les variations en raison de flux de marché simultanés, mécaniques et auto entretenus), mais aussi la régulation pro-cyclique (fonds propres minimaux dépendant de la valorisation des actifs en valeur de marché et de mesures de risque de type VaR).

Aversion au risque :

C’est la réticence des investisseurs pour les actifs risqués se manifestant par des primes de risque élevées. L’aversion au risque est corrélée aux perspectives macroéconomiques mais relève aussi de processus comportementaux et collectifs. Elle dépend également des caractéristiques intrinsèques des individus influencés par des facteurs sociaux et culturels.

Couverture des risques de marché:

Utilisation d’instruments financiers dans le but de réduire voire immuniser l’exposition aux risques de marché : devises, matières premières, liquidité sur l’accès au financement, risque de crédit… Les instruments typiquement utilisés pour couvrir les risques sont des produits dérivés négociés sur les marchés organisés (options et futures) ou de gré à gré (contrats à termes, swaps, options ou produits structurés).

Distribution normale :

Cette distribution, connue pour sa forme en cloche, décrit des données concentrées autour de la moyenne de l’échantillon (le haut de la cloche) avec un certain degré de dispersion autour de la moyenne décrit par l’écart-type. La fréquence des observations devient pratiquement nulle quand on s’éloigne significativement de la moyenne, devenant par exemple inférieure à 0.5% quand l’écart à la moyenne est de trois fois l’écart-type. Cette distribution est caractéristique du hasard bénin.

Drawdown :

Cette mesure de risque représente le recul des prix d’un actif financier à partir de son maximum atteint sur une période donnée. Ce maximum peut être le prix historique le plus élevé jamais atteint ou un maximum local mesuré sur une période glissante. Le drawdown quantifie la distribution des pertes subies sur un actif à long terme.

Financiarisation :

La financiarisation traduit la part de plus en plus importante représentée par la sphère financière dans l’activité économique globale. Ce phénomène résulte notamment de la dérégulation et de la globalisation des flux de capitaux, de la construction d’un modèle de croissance économique fondé sur l’endettement et des déséquilibres macroéconomiques mondiaux (excédents commerciaux des pays émergents et des pays exportateurs de pétrole, déficit budgétaire et commercial américain) se traduisant par des excès de liquidité.

Fuite vers la qualité :

En temps d’incertitude ou de panique sur les marchés financiers, les investisseurs et spéculateurs procèdent à une réallocation du capital des actifs risqués vers les actifs plus sûrs. Typiquement, en période de krach boursier, les investisseurs et spéculateurs délaissent le marché action, considéré comme risqué, pour le marché de dette souveraine des émetteurs présentant le plus faible risque de défaut.

Hasard bénin :

Le hasard bénin, terme aussi introduit par le mathématicien Benoît Mandelbrot,  désigne un type de phénomène aléatoire modélisable par la loi normale. Par extension, le hasard bénin peut s’appliquer au cas d’un événement aléatoire suivant une loi statistique plus complexe, pourvu que cette loi puisse être connue avec exactitude à partir des observations passées. Ce type d’hypothèse est centrale dans les modèles financiers actuels.

Hasard sauvage :

Le hasard sauvage, terme introduit par le mathématicien Benoît Mandelbrot, caractérise une rupture dans le comportement des prix des actifs financiers par rapport aux lois statistiques pouvant être inférées à l’aide d’observations récentes. Cette rupture peut se manifester sous la forme de rendements journaliers anormalement élevés en valeur absolue mais aussi sous la forme de mouvements de prix exceptionnels sur des échelles de temps plus longues (bulles, krachs, drawdowns….).

Mesure du risque :

Consiste en une évaluation de la gravité d’un risque donné. En finance, les mesures de risque se présentent soit sous la forme d’une déviation à une moyenne, soit sous la forme d’une estimation de la perte potentielle associée à un degré de probabilité déterminé.

Prime de risque:

Il s’agit de la rentabilité exigée d’un actif risqué ou d’un portefeuille d’actifs risqués au delà du taux sans risque (rendement à court terme des obligations souveraines émises par les Etats présentant la probabilité de défaut la plus faible). Les primes de risques dépendent des actifs risqués considérés (obligations d’entreprises, actions …) et des anticipations économiques du marché. Des primes de risque élevées (resp. faibles) s’accompagnent d’un environnement  de forte (resp. faible) volatilité  et traduisent une valorisation modérée (resp. élevée) des actifs par les marchés financiers.

Risque :

Le risque correspond à la possibilité de subir des pertes humaines, réputationnelles ou financières.  Il résulte de la combinaison de la possibilité de réalisation d’un dommage ou de l’occurrence d’un danger et de sa gravité.

Risque de crédit:

Ce risque résulte de la probabilité de défaut sur les expositions aux actifs financiers d’un portefeuille. Le risque peut se matérialiser sous la forme du défaut d’un émetteur d’obligations ou d’une contrepartie financière sur des instruments dérivés de gré à gré tel que des swaps, des forwards ou des produits structurés.

Risque de liquidité :

Le risque de liquidité traduit la difficulté voire l’impossibilité de dénouer une position sur un ensemble d’actifs. Une telle situation se produit lorsque les teneurs de marché offrent une moindre possibilité de transaction à la vente et à l’achat. Cette phase s’accompagne le plus souvent d’une rupture de marché (à la hausse ou à la baisse) sur les actifs concernés et d’un assèchement de l’offre de crédit nécessaire au refinancement de la position, contraignant les acteurs à se défaire de la position à n’importe quel prix.

Risque de solvabilité:

C’est le risque qu’une organisation économique se retrouve dans une situation de cessation de paiements. Cette situation, connue sous le nom de défaut, se répercute négativement avant tout sur les créanciers qui récupèrent uniquement les actifs adossés à la dette le cas échéant. Ce risque impacte également les parties prenantes de l’organisation : les actionnaires, les fournisseurs voire les clients.

Risque systématique :

C’est le risque lié aux variations des marchés financiers ou plus généralement à des facteurs financiers (volatilité, corrélation, pente de la courbe de taux, liquidité monétaire…). Son intensité se mesure par la sensibilité à ces différents facteurs encore appelée le béta.

Skewness :

Elle représente l’asymétrie de la distribution des rendements. La plupart des distributions de rendements de prix des actifs financiers ont une skewness négative, c’est-à-dire que les rendements fortement négatifs (ou encore les événements de perte extrême) sont en plus grand nombre que les rendements fortement positifs.

Stress Test:

Les stess tests ont pour objectif de mesurer l’impact de différents scénarios de crise ou de dégradation de l’environnement économique.

Titrisation

Cette technique financière consiste à transformer un ensemble de créances ou de prêts en titres financiers émis sur les marchés de capitaux. Ce processus passe par un regroupement de créances ou des prêts de même nature (crédit consommation, prêts hypothécaires, lignes de crédit octroyées aux entreprises) qui sont ensuite cédés à une société ad hoc (SIV, SPV, SPC) en charge de la commercialisation des titres financiers auprès d’investisseurs. Les titres représentent une portion du portefeuille qui donne le droit aux investisseurs de recevoir le paiement des créances selon un ordre de priorité qui dépend de la qualité du titre. La titrisation a été pointée du doigt comme principale responsable de crise des ‘subprimes’ en raison de l’absence de transparence de montages de plus en plus complexes, de la dilution des responsabilités dans l’octroi des prêts et de la confiance aveugle dans les modèles de valorisation reposant sur la diversification illusoire des risques de défaut.

Value at Risk (VaR):

La VaR est une mesure de risque qui représente un quantile de distribution des pertes d’un portefeuille d’actifs sur un horizon donné. Ainsi, la VaR 95% à un jour représente la perte qui serait dépassée dans 5% des cas, à savoir un jour sur 20.

Volatilité historique :

La volatilité historique est une mesure de risque qui se définie comme l’écart type des rendements calculé sur un historique glissant. Cet historique peut s’exprimer en nombre de jours, de semaines ou de mois. Un facteur normalisant exprimé en racine carrée temporelle permet d’annualiser cette mesure, sous l’hypothèse forte (et souvent erronée) d’indépendance des rendements.

Volatilité implicite :

La volatilité implicite est apparue sur les marchés avec l’introduction de la formule de pricing de Black & Scholes pour les options. Elle est déduite du prix de marché de l’option et représente le paramètre de volatilité à mettre dans la formule de Black-Scholes pour aboutir au prix de marché de l’option, résultat algorithmique d’une inversion de la formule de Black and Scholes. A la fois dépendante de la maturité de l’option et de son prix d’exercice, elle reflète le coût du risque anticipé par le marché pour un horizon et un mouvement de prix donnés.